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Bone Tomahawk
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Description: X FILES – RÉGÉNÉRATION
Un retour nocturne

(X-Files – I Want to Believe) USA. 2008. Réal.: Chris Carter. Scén.: Chris Carter et Frank Spotnitz. Prod.: Chris Carter, Brent O’Connor, Frank Spotnitz. Photo : Bill Roe. Mus.: Mark Snow. Mont.: Richard A. Harris. 1 h 44. Avec : David Duchovny, Gillian Anderson, Amanda Peet, Alvin “Xzibit” Joiner, Callum Keith Rennie, Adam Godley. SORTIE : 30 juillet 2008.

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La résurrection, huit ans après et sur grand écran, d’une série qu’on a tant aimé… et qu’on aime encore puisque Mulder et Scully y reforment ce couple déchiré mais charismatique oscillant entre l’ombre et la lumière. Ici présent dans un thriller frigorifique où le Diable n’est pas loin, le Bon Dieu nettement plus.


Les six notes de flûte qu’on a gardées à l’oreille percent l’obscurité qui se défait alors que l’écran s’éclaire. On connaissait la difficulté pour Carter : pouvoir concilier l’attente de fans qui n’ont rien oublié, et l’intérêt de spectateurs qui ne connaîtraient rien de la série. Dès les premières minutes, pourtant, pas de doute : c’est gagné pour ce qui est de l’accroche, avec ce montage parallèle de l’agression nocturne d’une jeune femme qui rentre chez elle et, le jour d’après, cet impressionnant alignement d’agents du F.B.I., silhouettes noires sur fond de neige, qui sondent le sol avec de longues perches à la recherche d’un corps. Ceci pour l’aspect policier. Le versant “étrange”, lui, sera introduit par un bizarre individu aux longs cheveux poivre et sel, un prétendu voyant, qui guide les agents vers l’endroit où l’on va déterrer un bras. Et c’est parti pour une enquête concernant des enlèvements et des mutilations, qui convergera vers un réseau russe de trafiquants d’organes.
Une enquête où vont rapidement s’intégrer Scully puis Mulder, pourtant rangés des voitures mais que l’ange du bizarre pousse promptement à reprendre du service. Les nostalgiques auront doit aux clins d’œil référentiels obligés - l’affiche I Want to Believe - ou les allusions à l’enlèvement de la sœur de Mulder, qu’on découvre avec surprise barbu mais qui, bien vite, décidera de se raser lors d’une courte séquence où, se reflétant avec Scully dans un miroir, il reprendra son apparence de toujours, reformant avec elle un couple qu’on retrouve ici mûri mais toujours écartelé. Un couple, oui, autre surprise, car il est bien question de domicile commun, d’ailleurs on les verra tous deux au lit, très chastement il est vrai. Ce recentrage n’est pas un des moindres intérêts du film, qui insère les personnages dans une sorte de banalité qui donnera plus de force à sa fragmentation, les vieux problèmes revenant toujours. Car si lui, marginalisé, court toujours après ses chimères, elle a repris son métier de médecin en lutte pour la vie des autres. Un thème annexe qui donne du poids à Scully et s’intègre parfaitement au pitch du film, la jeune femme tentant de soigner un enfant atteint d’une grave maladie de dégénérescence, alors qu’ailleurs c’est par le meurtre que les mafieux veulent sauver leur chef souffrant d’un cancer du foie. Cette gravité s’enrichit de questions où intervient avec insistance une foi qui rôde et se dérobe («je vais maudire un peu Dieu avec toi», dit à un moment Mulder), et dont certains des protagonistes accusent le vacillement : le voyant est un ancien curé pédophile (ce qui nous vaut quelques répliques inutilement cyniques), le directeur de l’hôpital catholique, prêtre lui aussi, refuse de soigner le petit Christian, qu’il juge perdu. Un scénario riche et cohérent, des personnages qui le sont tout autant - rien donc qui puisse perturber ceux qui aborderaient le film en ignorant tout de sa mythologie, quand les connaisseurs apprécieront des finesses référentielles éparses, ainsi du tueur russe pourvoyeur d’organes Dacyshyn, qui pourrait être le double de Krycek.
Tout autant qu’une enquête (aux rebondissements incessants et au suspense serré), c’est d’une quête vers la lumière dont il est essentiellement question ici, et des efforts désespérés que font ses protagonistes pour sortir de l’enfer où ils sont enkystés. Un enfer certes glaciaire, qu’imposent des séquences presque unanimement nocturnes, à travers des paysages figés où la neige ne cesse de tomber, ensevelissant corps et véhicules sous la douceur trompeuse d’un linceul immaculé. La lueur des torches (une constante esthétique de la série, reprise ici avec bonheur) perce cette nuit où la froidure est reine, et que hantent de sataniques chiens noirs qui ont plus que leurs mots (ou leurs abois) à dire dans le fin mot de l’intrigue. C’est cette dimension où tout espoir semble hors de portée, et vers laquelle les personnages retombent sans cesse - en témoignent la chute mortelle d’un personnage attachant et ces mots de Scully : «J’en ai assez que tu m’entraînes toujours vers les ténèbres» - qui donnent sa densité à l’œuvre. Et seuls une courte phrase («N’abandonnez jamais»), plus un espoir de guérison finale, viendront tempérer cette noirceur, avec un quasi happy-end que scelle un baiser attendu depuis quinze ans. Au total donc, une réussite presque sans tache si l’on ne regrettait, dans sa toute dernière partie, une valse de têtes coupées et un laboratoire que ne renierait pas le docteur Frankenstein, dont la mise en place maladroite, et qui semble n’être que la garantie d’un Fantastique de dernière heure, met à mal le réalisme jusque là sans faille de l’ensemble. Mais l’essentiel demeure cette Régénération qui, il faut l’espérer, sera suivie de bien d’autres.

Jean-Pierre Andrevon
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Date: 30.07.2008 20:12
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Postée par: Alain
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